Mercredi 23 mars 2005
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Champ de bataille
Un champ de bataille. Tous les matins, il séveille avec lodeur du champ de bataille dans les narines. Odeur de sang, de poussière et de soufre. Odeur de desolation et de chair morte. Il séveille avec le bruit, aussi
En sortant du sommeil, alors que dautres sortent du silence, lui sort du bruit de la guerre, du fracas des armes , des symphonies des tragedies antiques et éternelles des échos des mourants. Il sort des clameurs, du bruit, de la fureur, pour entrer dans le silence ouaté de sa chambre.
Il nest pourtant ni un soldat, ni un guerrier, ni amoureux des armes. La mort nest pas son amie, mais il marche avec elle sur les sentiers des reves de ses reves jonchés de cadavres. Ouvir les yeux, bailler, se retourner, ressentir la tiédeur du lit
en essayant de ne pas penser à la tiédeur du sang de ses songes. Pas de guerre médiévale et de hérauts en armes, mais la guerre moderne, chirurgicale, comme ils disent, aussi precise et dévastatrice que le scalpel dun chirurgien ivre, fouaillant dans le corps du patient alité.
Mais à part ça, il va très bien, merci. Juste un peu déprimé, quelques fois. Un rien tendu. Les nerfs usés, aussi. Pas facile tous les jours de se battre contre des gens qui nexistent que dans vos reves. Mais, meme en reve, le sang cest salissant. Lady Macbeth aurait approuvé, ça. Du moins, cest ce quil se dit, pour relativiser. Ca pourrait etre pire. Ca pourrait etre vrai. Peut-etre alors regretterait-il la tiédeur des draps blancs, la quietude du réveil, et lodeur des champs de bataille.


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